The man who killed God

Noé Vitoux - France - 15mn

Séléction : 2014 - Brut d’Or du court-métrage

A 30 ans au moment du film, Noé Vitoux, jeune réalisateur français vivant à Rio avait un parcours atypique. Il avait surtout construit, dès le plus jeune âge, un lien très fort avec le Brésil et ses Indiens. 

Voici ce qu’il nous a raconté à propos du tournage :

Le film a été financé via un projet de crowd funding qui a échoué (car la somme objectif n’a pas été atteinte) mais qui ma permis de contacter les donateurs directement sans passer par le site de crowd funding et d’ainsi financer le film.

J’ai choisi cette anecdote car qu’elle résume assez bien l’idée qu’il y avait derrière le film : parler du massacre des indiens par les blancs en montrant l’inverse.

Je suis allé seul dans ce village indiens où j’ai créé un petit groupe de théâtre composé d’une petite vingtaine de jeunes indiens, pour avoir des acteurs pour le film, j’ai été aidé dans la création de ce groupe par un jeune indien, Wao Xinto, que j’ai formé pour être mon assistant : à nous deux nous étions l’équipe technique. Cela étant dit voici mon anecdote :

Quand j’ai expliqué a mes jeunes acteurs amateurs indiens qu’on allait faire un film ou ils allaient êtres des tueurs d’hommes blancs et qu’il allait y avoir une scène où ce sont eux qui massacrent les blancs et pas l’inverse comme on le voit toujours dans les films, tous étaient extrêmement motivés et excités.

Le jours où nous avons tourné cette fameuse scène, cette dizaine de jeunes acteurs s’étaient peint le corps de peintures de guerre et avaient réuni les fusils de chasse de tout le village pour se rendre ainsi dans le village voisin qui est un village de « blancs ». Je met « blanc » entre guillemet car c’est le mot que les indiens emploient pour désigner les brésiliens, mais ces derniers sont plutôt métissés.

Nous arrivons donc dans le village des « blancs » où leurs camarades de classe brésiliens nous attendent pour tourner la scène et être les victimes du massacre.
Les indiens sont déjà dans leurs personnages et déjà très excités. Je crie « action » et tourne tout en plan séquence,  ils hurlent et courent après les « blancs » qui fuient en criant et en se faisant tirer dessus.
Au bout d’un moment tous les « blancs » on été « tués » et je laisse les acteurs indiens continuer à improviser, tout se passe bien jusqu’au moment ou l’un d’eux est tellement excité et tellement dans son personnage qu’il commence a enlever les vêtements des « blancs » en criant dans sa langue : « Maintenant arrachez leurs tous leurs vêtements on va tous les violer !!! »

Mais pourquoi il sort un truc pareil? Et bien, Il faut comprendre que dans les années 60 quand les « blancs » entraient dans les villages des parents et grands-parents de ces jeunes acteurs indiens avec des mitraillettes pour tuer tout le monde, c’est exactement ce que les blancs faisaient avec les femmes… Voire bien bien pire…

Et c’est de ça que parle mon film évidement.
Il nous montre cette violence en inversant les rôles.
Aujourd’hui les indiens ne cherchent pas à ce venger, mais ces histoires, ces massacres ils les portent encore au fond deux. C’est pour ça que des expériences comme ce film sont pour eux des expériences assez cathartique qui leur a permit d’exprimer de façon pacifique cette forme, un peu de rage, qu’ils ont un peu tout au fond d’eux face a l’homme blanc qui leur a tant pris. 

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