SUPERVENUS

Frédéric Doazan - France - 3mn

Séléction : 2014 - Brut Spécial

Ce film a tourné un peu partout, des réseaux sociaux à Arte, il vous est donc peut-être familier !

Frédéric Doazan, membre féministe de La Cause (et inversement), à fabriqué Supervenus dans le cadre d’un défi qu’il s’est lancé avec deux de ses amis autours du projet 12fps, quelques bières et 1300 calques plus tard, le film est né, mais le mieux c’est de lire le récit qu’il en fait !

L’histoire de Supervénus, raconté par son auteur

Un jour avec deux potes, on s’est rendu compte qu’on passait trop de temps dans notre boulot et qu’on ne faisait plus assez de films cools et créatifs. Il fallait remédier à ça, c’était vital !
On a donc monté un projet de petits challenges de films d’animations : www.12fps.net.
En gros, on s’impose un thème, une deadline, et chacun dans notre coin en solitaire, on fait un petit film d’animation d’environ 1 minute en utilisant la technique que l’on veut.
Il y a un petit côté compet’ mais c’est pour la motiv’ et pour se surpasser sans contrainte et sans censure.
Du coup, c’est pour nous l’opportunité d’essayer des trucs, de bidouiller, d’expérimenter des techniques, des concepts et surtout de se faire plaisir : un mélange entre une cours de récré et un laboratoire !
On a commencé ce projet il y a deux ans, on continue de piocher aujourd’hui des nouveaux thèmes et à faire des films avec les moyens du bord.

Et donc pour notre quatrième challenge, le thème était « Supervixens » la comédie érotique de Russ Meyer avec les filles avec des seins énormes.
Le thème n’étant qu’un point de départ, j’ai pensé « Supervixens » -> « gros seins » -> « chirurgie esthétique »
J’ai tapé sur internet « Chirurgie esthétique ratée »… Un mur d’images ignoble s’est affiché… j’avais trouvé le sujet de mon film !

La chirurgie esthétique avait un bon potentiel trash, drôle et provoc’ comme j’aime.
Ça permettait aussi de parler des archétypes de beauté moderne féminin devenus complètement absurdes et inhumains.
Des archétypes véhiculés par notre grosse société de consommation pour vendre toujours plus et sans relâche. Et où le corps de la femme est devenu un pur objet de consommation… En tant qu’homme, ça m’a énervé !
Et ça m’a motivé pour faire de ce qui devait être un simple exercice de style, un mini pamphlet trash drôle et percutant !
Beaucoup de recherche également, de lectures (dont le très bon « Femmes Fatales » de Mona Chollet), de collectes d’images de stars, d’illustrations anatomique, de chirurgie, de mannequins squelettiques, et d’actrices porno ultra siliconés… Un vrai travail journalistique !

Concernant le financement, j’ai tout financé de ma poche, mais en même temps, le film ne m’a couté que 10 euros !!
Voici la longue liste de mes dépenses : une pince et un scalpel de chirurgien sur ebay, de la patafix, un papier cartonné vert… et du temps… le film s’est échelonné sur 10 mois.
J’ai tout fais sur Photoshop et After Effects.
Au final, j’ai dû gérer plus de 1300 calques dans After Effects, une grosse prise de tête pour organiser et travailler.

Pas de générique à rallonge sur Supervenus, on est que 2 à avoir bossé sur le film (moi à la réal et l’animation) et Vandy Roc, le sound designer.
On s’est rencontré par hasard une bière à la main pile au moment où je recherchai un sound designer. Depuis, on est devenu super pote !

 

Le Film !

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