Le Moral des troupes

Marcia Romano & Benoît Sabatier - France - 85mn

Séléction : -

Entre punks, drogues et petits larcins, Marseille voit brûler ces personnages arrivés comme Belsunce entre le bout de la nuit et le début du jour. Leurs péripéties hasardeuses et hilarantes flirtent délicieusement avec leur drôlerie branchée. Un Trainspotting avé l’accent !

Marcia Romano nous parle du Moral des troupes

Le départ de ce projet, c’était de filmer le rock avant qu’il ne disparaisse ! Surtout à Marseille où les rockeurs se comptent sur les doigts d’une main. Et toutes les salles de concert sont plus ou moins condamnées.

Donc on s’est dit : et si on filmait toutes ces salles rock avant qu’elles ne ferment ? Ok mais alors il faut filmer aussi la faune de ces salles. Ok mais il faut aussi s’inspirer de leurs vies réelles et leur écrire des histoires de fiction. Et c’est ce que nous avons fait.

Nous avons écrit cette virée nocturne dans Marseille, avec ses véritables protagonistes (aucun n’avait jamais joué), dans leurs lieux à eux et avec leurs fringues, leur langage, leurs galères. Et leur humour !

Benoît Sabatier, le co-réalisateur du film, est rock-critic, cela explique peut-être aussi le point de départ de ce projet. ? Filmer un univers musical et esthétique qui n’existe pas vraiment dans le cinéma français. Et un Marseille différent aussi, à contre-courant de celui représenté dans les films.

Comme ce tournage s’est étalé sur 2 étés et un hiver, ce qui nous a le plus intéressé au final c’est de voir tout cela évoluer, grandir, vieillir, et c’est pour cela que nous avons poursuivi l’expérience.

Le Moral des Troupes est le premier volet de notre trilogie marseillaise DIY. Nous avons filmé ces gens et ces lieux sur 5 ans, il y a deux autres films en cours de finition : Amore Synthétique et Tricarland.

Ces films suivent donc un groupe de jeunes gens de 23 à 28 ans. C’est à dire : de la fin de la glande aux débuts de la vie active. À Marseille !

Car c’est aussi et avant tout une histoire marseillaise, ville qui, au début des années 10, a connu une véritable effervescence garage-rock, un îlot, le refuge et passage obligé ztw de plein de petits groupes américains énervés, qui venaient jouer à La Machine à Coudre ou L’embobineuse (les décors du film) – sachant que la moitié de nos acteurs jouent eux aussi dans des groupes punk ou garage (Catholic Spray, Quetznal Snakes, Tommy Cougar).

Un jour Axel, le héros, s’est pointé sur le tournage la gueule toute amochée car il s’était battu dans la nuit. Il a alors fallu ne le filmer plus que d’un côté. Une autre fois, il a débarqué pieds nus, il ne savait plus où étaient ses pompes ! Une autre fois son acolyte, Teddy, a disparu avec son smoking (un costume du film) dans la nuit car il voulait aller draguer en boîte avec (ce qu’il a fait). Et puis Yann a eu la bonne idée de se couper les cheveux en plein milieu du tournage, donc il a fallu trouver des subterfuges puisque l’action se passe sur une nuit…
En résumé, le tournage ressemblait un peu au film lui-même. Chaotique ! Mais c’est cela qui nous inspire, et nous touche.

Le film est financé 100% en fonds 44propres. Aucune aide de personne, pas de crowfunding, ni racket. C’est pour cela que le tournage s’est étalé sur si longtemps, il fallait à chaque fois aller chercher les fonds. Ce que je faisais en mettant les bouchées doubles comme scénariste – mon métier depuis 20 ans.
Nous étions 4 dans l’équipe, en plus de nous deux (Benoît Sabatier et moi-même) : une personne au son, une à l’image (chef-op’ qui filme les matchs de l’OM), le batteur du groupe Aline comme assistant, et le technicien de toutes ces salles de concert comme « couteau suisse ».
Une équipe très hétéroclite donc. Seul l’ingénieur du son était un professionnel.


100% marseillais, devant et derrière la caméra.

La Bande Annonce !

 

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