Le Hasard de la vie

Swann Meralli - France - 39mn

Séléction : 2015 - Brut d’Or du court-métrage

Ce film aura touché le public en 2015 par son implicite tout en nuances, la lourdeur du sujet mené avec intelligence et sensibilité par le regard du réalisateur et ce duo d’acteurs impeccable.

Entretien avec Swann Meralli – 2015

Parles nous de ton film, l’histoire que tu voulais raconter ?

C’est un film sur l’inceste entre part de lumière et part d’ombre.

Part de lumière : l’amour très fort entre deux personnes, entre un frère et une sœur.

Part d’ombre : le comportement malsain de rester enfermé dans son cocon familial, ne pas s’ouvrir, ne pas grandir… et le jugement moral qui en découle.

C’est un film sur la notion de « pouvoir grandir / pouvoir changer » ou encore « ceux qui ne peuvent changer sont les plus condamnés ». Je m’explique.

Adrien semble épanoui : il a un travail, une famille, une belle chemise et une voiture. Mais en réalité, il est resté coincé dans son amour de jeunesse, leur inceste : il n’a pas été capable de grandir. A la fin, il n’a rien compris, il demande à Ismaëlle « quand va-t-on se revoir ? »

Ismaëlle est quant à elle chancelante dans sa vie : son profil familial et professionnel n’est pas entièrement tracé. Mais elle refuse de retomber en enfance. Elle choisit de grandir. Elle peut, quant à elle, accéder à l’âge adulte et surtout avoir la possibilité d’évoluer, de refuser des troubles psychologiques.

Comment s’est passé le tournage  ?

C’est un film construit à partir d’improvisations. Nous avons tourné 2 jours puis 3 jours un peu plus tard, dans l’ordre chronologique. J’avais écrit une trame de successions de scènes et ce qu’elles doivent apporter à l’histoire et l’évolution des personnages, sans entrer dans les dialogues. En amont du tournage, nous avons essentiellement parlé des personnages, leur histoire, l’histoire du film…

Nous avons commencé par tourner les scènes où Adrien et Ismaëlle se retrouvent : de cette manière, les maladresses de jeu qui existent, le manque d’exubérance dû au commencement du projet correspondaient à celles d’Adrien et Ismaëlle. Les scènes ont été de plus en plus improvisées à mesure du film jusqu’à ne donner que le point de départ, le point d’arrivé et l’humeur global du personnage aux acteurs (à fleur de peau, maternelle, colérique…)

Et côté financement ?

J’ai financé moi-même ce projet en défrayant la nourriture et le transport à l’équipe (nous étions 4 sur le tournage). Il n’y a aucun autre financement. Le monteur et mixeur son n’ont pas été défrayé sur leur temps de travail… le film a dû (me) coûter un demi-millier d’euros. Je n’ai plus les chiffres exacts en tête.

Le matériel de tournage est le mien : image, son et lumière.

La maison appartient à la famille de l’actrice principale.

Merci !

 

Pour en savoir plus sur Swan Meralli et suivre son travail :

https://www.facebook.com/swann.meralli
Films: vimeo.com/user957797
Livres: decitre.fr/auteur/3134467/Swann+Meralli

 

Et le film !

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