Le dictionnaire de l’amour fourbe

Guillaume Levil - France - 82mn

Séléction : 2009 - Brutal d’Or

« Quatre étrangers, quatre périodes différentes… Mais, dans le sud de la France, une seule famille d’êtres en marge, philosophes, fascinants. Au fil des étreintes, les événements dévoileront les liens qui unissent ces personnages : il s’agit d’une analyse en quatre temps de l’amour vrai. »

Le premier film d’une longue série que Guillaume Levil, ici via son colletif « Les Nous« , proposera au festival Cinémabrut. L’ambition du long-métrage costumé, la poésie de ses personnages névrosés et l’amour qui se joue de ceux qui le poursuivent font de ce film une perle toute Levilesque (oui, on est fan!) qui n’aura pas trompé le public puisqu’il remportera le Brutal d’Or!

Entretien avec l’auteur (2017) :

1/ Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire en particulier? Quelle était votre intention?

Parce que je suis originaire des Alpes de Hautes-Provence, un endroit de la France que les parisiens ne savent pas situer sur une carte (comme tous les endroits de province), sûrement le département de France où il y a le plus d’affaires bizarres irrésolues. Là-bas, chaque famille a un oncle assassiné par des cousins pour une histoire d’argent, et aussi une tante poignardée par ses propres enfants pour des affaires incroyables d’amour fourbe.

2/ Comment avez-vous financé votre projet? (participation des acteurs locaux, des régions, racket des parents, hypothèque des maisons des amis, échanges de participation contre heures de ménages etc…)

Heu… là heu… « financer » est un terme bien trop empreint de sens pour « Dictionnaire de l’amour fourbe ». Il a été « financé » en ces temps immémoriaux où j’étais jeune, par la sueur d’une équipe motivée par la souffrance de faire un film. Le financement a donc été le héro total et sans bornes qu’on a tous dans nos veines, mais d’habitude il dort, le héro, alors que là, il s’est réveillé, à tort ou à raison.

3/ Anecdote(s) sur le film (trucs bien galère, histoires d’amour, chiffres étonnants, anecdotes capillaires…)

Il y a tellement d’anecdotes liées au tournage du film que je vais me taire. Vous savez, quand on fait une caméra subjectif d’un anus, quand on étripe un faux lapin pour le mettre dans un vrai nounours en peluche, quand on fait 57 fois la prise d’une phrase parce que l’acteur a bu une bière, ben… on a des anecdotes. Mais enfin, ma meilleure images, c’est qu’on avait le chariot de travelling de Pagnol (je déconne pas, celui qui date de l’époque), et il pesait 60kg. Moi, le réa, ce type qui a des idées de films mais qui est en réalité irresponsable, a dit : je voudrais un travelling en haut de la montage. Pas de chemin pour y aller. Et là j’ai vu 25 personnes s’affairer à aider le machino pour hisser le chariot de travelling en haut de la montagne. Même la maquilleuse chétive. Je peux te dire que ce plan de 10 secondes, on s’en fout s’il est moche, ce qu’on sait, c’est qu’il symbolise l’humanité.

Malheureusement, vous ne pouvez voir que la bande annonce, ce film n’est pas disponible sur internet, mais restez à l’écoute, il se peut qu’on le mette en ligne bientôt, juste quelques heures, quelques jours…

Édition Cinémabrut : 2013

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