Le Dernier Fil à la patte

Stanislas Cadeo - France - 20mn

Séléction : 2015 - Brut de Bronze

Ermite accompagné d’une poule, il habite dans un Break sur les hauts plateaux lozériens. Un matin il sera surpris par deux baigneuses autour du lac désert.

L’exilé volontaire est un tueur silencieux. Jour après jour il sera l’assassin de sa propre mémoire. Et sous les grands nuages froids et sur les longs chemins de pierres, il atteindra la nudité, l’oubli, et la liberté.

Entretien avec Stanislas Cadeo

1/ Pourquoi avoir choisi de raconter cette histoire en particulier? Quelle était votre intention?

C’est une histoire qui est partie d’un personnage réel, puis très librement interprétée.

J’ai croisé souvent un homme qui est resté près de 8 années dans sa voiture immobile. Il habitait là, besoin de rien, sorte d’exilé volontaire. Il était toujours garé sur ce petit chemin dans un virage du hameau des « Pomets » dans le Var.  Assis à la place conducteur, il fixait l’horizon. C’était vraiment un mystère, un point de départ qui a donné cette histoire. J’ai hésité puis je n’ai pas voulu trop en dire, en expliquant au final le moins possible. C’est un film d’ambiance, de sensations, qui se vit et se ressent. Je voulais une narration non verbale. Je n’aime pas beaucoup les dialogues, sauf lorsqu’ils sont vraiment bons, ce que je ne sais pas faire.

2/ Comment avez-vous financé votre projet? (participation des acteurs locaux, des régions, racket des parents, hypothèque des maisons des amis, échanges de participation contre heures de ménages etc…  )

Mon projet s’est fait avec l’aide d’amis en majorité sur le tournage, avec Kisskiss Bankbank aussi pour 2/3 du budget (donc famille et amis), dans une maison de famille en Lozère. On a eu l’aide des habitants du coin. L’agriculteur est un habitant de la région qui nous a bien aidé, son neveux a habitué deux poules de l’exploitation a avoir un fil en permanence à la patte (sans ça elles garderaient la patte en l’air).

3/ Anecdote(s) sur le film (trucs bien galère, histoires d’amour, chiffres étonnants, anecdotes capillaires…)

La galère était bien au rendez-vous, par quoi commencer ?

Le lac, notre décor est une retenue d’eau artificielle dont le niveau reste constant la majorité du temps. Mais il faisait très chaud et en prévision de grosses pluies, ils ont commencé à vider le lac, on perdait notre décor de jour en jour.

De plus les bords sont devenus glissants (la roche émergée étant vaseuse), le comédien Timothy Corduke a glissé, s’entaillant profondément le pied. Il a fallut l’emmener aux urgences les plus proches à 1h15 par petites routes de montagne (6 points de suture)

Suite à ça, interdiction de mettre le pied dans l’eau, mais 3 scènes à la nage restaient à tourner. Il a fallu trouver un système hermétique lui permettant de mettre le pied dans l’eau 5 min au plus pour tourner ces scènes déjà difficiles dans l’eau froide…

L’arbre qui est abattu n’est jamais tombé au moment prévu, s’écroulant petit à petit.

Au moment de pondre son œuf la poule dans tous ses états ne tenait plus en place. Toute l’équipe attendait l’expulsion de l’œuf assisté d’Ombline Ley avant de reprendre (nous avons d’ailleurs utilisé 2 poules pour résoudre ce genre de problème)…

Histoire d’amour avec les poules, animal très généreux qui nous pondait des œufs tous les jours…

Le film n’est pas sur internet, malheureusement, mais voici la bande annonce en attendant une prochaine projection!

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