« Et Si » le long métrage d’improvisation en plan séquence de Flavien Denis

Quand Flavien Denis a téléphoné à Vincent Pompignoli (le président du collectif Cinemabrut ndlr), c’était pour lui demander de produire son prochain long métrage.
Vincent a d’abord cru que c’était une blague, mais Flavien était très sérieux.
Il a fallu rappeler alors à Flavien que nous défendions l’autoproduction.
S’en suivit un silence de 17 secondes dans la conversation.

« Bon mais sinon, vous pouvez venir me filer un coup de main ? »

 

Un long métrage improvisé en plan séquence

Le projet de Flavien était ambitieux, complètement fou en fait, mais nous étions préparés. C’est que Flavien est un Frères Denis, et les films des Frères Denis sont la référence en autoproduction quand on veut exprimer l’idée que rien n’est impossible.

Cette fois-ci, Flavien opère seul, il perpétue son concept de « cinéma participatif » au centre de son processus créatif.

Prof de théâtre, il aborde le cinéma comme un art vivant. Le tournage est au centre et doit être une expérience active mais aussi agréable pour ceux qui y participent, acteurs, figurants et techniciens. Flavien aime les gens, il s’inquiète qu’ils passent un bon moment peut-être même plus que de construire un scénario, et il a décidé que ce serait non un handicap mais une contrainte créative positive dans sa quête de la capture d’un réel fugace qui s’évanouirait dès lors qu’on l’observe.

 

 

Pas de scénario, il choisit des acteurs dont il sait qu’ils improviseront avec joie, leur donne des directives floues, une chronologie et des espaces qu’ils devront traverser, les interrogent, les fait parler, les poussent à proposer et les laissent libres.
Ils devront passer par 6 lieux, 6 ambiances qui structureront leur soirée à Vendôme (Loir-et-Cher), 6 lieux en 1h30, enfin peut-être 1h45, aussi bien ça peut être 2h, on sait pas…

Il organise des tête-à-têtes avec chacun des acteurs, chacun des figurants, leur explique son projet, leur rôle et prend la température de ce qu’ils veulent apporter.

Excité par l’imprévisible qui se met en place consciencieusement dans la machinerie de son tournage, d’autres décisions radicales sont posées : pas de montage mais un plan séquence de 90 minutes.
A ce stade on peut avoir une légère montée de sueur, un petit rire nerveux, mais ce serait passer à côté de la cerise sur la pièce montée : le film sera projeté le soir même, immédiatement après le tournage, dans le décor de la dernière scène.

Voici le flyer distribué par Flavien aux participants :

De notre côté, la décision fut prise assez vite de ne surtout pas louper ça, c’est ainsi que nous partîmes à 3 membres actifs du collectif prêter mains fortes à la préparation de ce happening filmique, en offrant à Flavien nos bras pour porter les structures de la scène qu’il fallait mettre en place, nos talents d’apprentis éclairagistes pour installer les spots, et nos caractères de bons camarades pour lui taper dans le dos et lui dire que tout allait bien se passer, qu’il y aura assez de tarama pour tout le monde et qu’on va tous bien s’amuser.
Et puis aussi « nos conseils de pro » 4 minutes avant le tournage, état de stress de Flavien 8765590000/100.

Le tournage est passé trop vite

Il a tenu ses délais, le bougre : 6 lieux en 1h30, ils l’ont fait, les acteurs précédés de la caméra épaule de Flavien ont enchaîné l’appart, le vernissage, le dîner entre amis, le bar, la colloc et le marché couvert où étaient installées la scène, l’écran et les 80 figurants devenus spectateurs.

Et dès lors le film existât

La projection fut chaotique, le marché couvert résonnait à mort ce qui perturbait la compréhension de ce qui se disait à l’écran, mais le pari était réussi, le film était là, l’audience captive et heureuse d’avoir participé à ce projet exceptionnel.

La Bande annonce

Nous sommes repartis heureux, 8h de rushes de making of en carte.

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